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Coup de
projecteur

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Tout va bien pour le vin en Béarn

Petite en quantité, mais grande en qualité : entraînée par les locomotives que sont les appellations jurançon et madiran, la filière viticole tire son épingle du jeu dans un contexte international mitigé, à la faveur d’une météo plutôt bénéfique en 2015.

 

« Il n’y a pas de mauvais jurançon ! » clame Irène Guilhendou, vigneronne du Domaine Latapie et présidente de la Route des vins de Jurançon qui fédère 64 vignerons indépendants et représente 45 % des 1300 ha cultivés de l’AOC (La Cave de Gan-Jurançon compte environ 150 coopérants). L’association, que sa présidente définit comme une grande famille est née il y a 25 ans « à l’époque où le jurançon se vendait tout seul » et s’attache aujourd’hui à développer la qualité -et le marché- du blanc sec, qui représente un tiers de la production.

« Le sucre n’est plus à la mode, plaisante Irène Guilhendou pour expliquer cette tendance. Et l’alliance traditionnelle moelleux et foie gras est trop restrictive ». En grande distribution, les jurançons (doux et secs confondus) représentent 18 % des ventes réalisées au rayon vins blancs du Sud-Ouest, pèsent un chiffre d’affaires de 17 millions d’euros et sont en deuxième position derrière le Monbazillac. L’AOC, qui a bénéficié de bonnes conditions en 2015, gagne du terrain au fil des années : depuis 15 ans, les surfaces et les petites exploitations s’étendent. Une centaine d’hectares de vignes sont plantés tous les quatre ans. « La taille des exploitations varie de un… à 40 ha. Tous les profils coexistent et ont pour point commun la passion du vin de qualité. »

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840 hectares de madiran

Du côté de madiran, les vignes occupent 840 hectares -600 de madiran, 160 de pacherenc moelleux et le reste de sec ou de rouge du Béarn- et sont cultivées par 121 vignerons. « Tout comme le jurançon, le madiran donne une image qualitative fidèle au réel d’appellation avec de petites exploitations où les gens prennent soin de leur vignoble. C’est un atout majeur et il a de l’avenir ! » explique Roland Podenas, président de la Cave de Crouseilles qui annonce avec son franc-parler ce qu’il estime être le défi d’aujourd’hui : séduire les jeunes qui souhaitent se lancr dans l’activité. « Il ne faut pas rêver de rentabilité à six mois dans nos métiers, où seules la passion et la patience peuvent faire aboutir les choses. Nos métiers sont vivants mais à contresens dans un monde qui veut toujours tout accélérer ; il est nécessaire d’en donner une belle image dans un monde agricole un peu en décrépitude ». bearn-tout-va-bien-pour-le-vinDepuis quelques années, les ventes (madiran et pacherenc confondus) ont progressé de 25 à 30 %, notamment grâce à l’ouverture de marchés à l’export (Angleterre, Belgique, Chine) et à un chiffre d’affaires en hausse de plus de 6 % en grande distribution sur le marché français.

Veillant presque amoureusement sur leurs exploitations, les vignerons ont déjà « reconverti » aux normes 70 % du vignoble. Une nouvelle gamme nommée Marie Maria vient d’être lancée. « C’est une petite cuvée axée sur le terroir, dédiée au réseau traditionnel des bars, brasseries et restaurants et qui démarre de façon prometteuse. Un distributeur national a déjà référencé ces produits (La gamme Marie Maria propose six madiran et deux pacherenc (doux et sec)). Leur présence sur de belles tables donne de la notoriété au madiran. » Parfois pénalisée par le passé par une réputation de vin trop tannique, l’AOC a pris un nouvel élan dont elle commence à récolter les fruits. Entre son essor progressif et la stabilité du jurançon, la filière viticole des Pyrénées-Atlantiques semble bien tirer son épingle du jeu dans un contexte national et mondial assez mitigé.

 

800 viticulteurs dans le département

→  Selon les chiffres de la Chambre d’agriculture, le département rassemble quelque 800 viticulteurs (en diminution de 17 % depuis 2000) dont 519 en AOP.

→  En 2010, ce sont 2 500 ha de vignes qui étaient cultivées, dont 2395 ha en appellation d’origine contrôlée : 45 % en jurançon, 23 % en madiran, 9 % pour l’irouleguy auxquels s’ajoutent béarn, bellocq-béarn, pacherenc du Vic-Bilh.

→  La coopération représente près des deux tiers des surfaces et commercialise 70 % des volumes.

→  Les circuits courts représentent les deux tiers des volumes commercialisés.

→  En 2010, avec moins du centième des surfaces agricoles départementales, la viticulture pesait pour 3 % de la valeur de la production.

→  Toujours en 2010, la production totale départementale était de 92 800 hl dont 88 800 en AOP.

 

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©La République des Pyrénées, publié le 26 février 2016 – Crédit photo ©archives J.P.G et ©Pixabay

 

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